L’Union Syndicale Étudiante (USE) – secteur étudiant des Jeunes FGTB – lance un appel à l’ensemble des organisations étudiantes pour co-organiser avec nous une rencontre : les États Généraux du Syndicalisme Étudiant en Belgique francophone.

À l’heure où une nouvelle réforme de l’enseignement supérieur est à l’étude au sein du cabinet de la nouvelle ministre Valérie Glatigny (MR), le mouvement étudiant en Belgique francophone doit pouvoir se rassembler et mettre en place ce qui avait été la réussite des luttes étudiantes dans les années 1990 : la mobilisation par la base. Assez de rassemblements sous les fenêtres du ministère, il nous faut établir un nouveau rapport de force politique, capable de mobiliser tout·e·s celles et ceux qui se reconnaissent comme étant des acteur·rice·s du syndicalisme étudiant ou des luttes étudiantes, et qui ont en elleux la volonté d’améliorer les conditions d’études au quotidien.

Le gel du minerval n’est que légèrement acté, la menace de la hausse du minerval des étudiant·e·s étranger·ère·s plane à nouveau, davantage de sélection à l’entrée des études est à l’œuvre, les cursus sont en voie d’être de nouveau aménagés, les bourses sont trop faibles et la précarité étudiante ne cesse de croître, et d’ailleurs elle tue. Face à toutes ces attaques, il est donc nécessaire d’établir un état des lieux de la vision de l’enseignement supérieur que nous voulons défendre, aux bases démocratique, critique et accessible à tou·te·s. Cet état des lieux doit pouvoir se faire avec la participation du plus grand nombre d’organisations étudiantes et d’étudiant·e·s elleux-mêmes.

Cet appel s’adresse donc à toute organisation étudiante ou tout·e étudiant·e qui ne se prétend pas « apolitique », et qui peut se reconnaître dans les bases du syndicalisme étudiant : défendre et représenter les étudiant·e·s, organiser une entraide sociale pour soutenir les étudiant·e·s qui demandent de l’aide pour combattre les injustices auxquelles iels font face dans leur établissement et s’investir dans les luttes qui ont lieu sur les campus et en dehors. Chaque organisation est invitée à mettre de côté ses différences, afin de pouvoir tenter d’unir un mouvement étudiant fort, renforcé, et plus combatif dans ses revendications et objectifs. Tout sera organisé de manière démocratique, à l’image de l’enseignement que l’on souhaiterait voir être mis en place.

Lors de la rencontre, l’USE propose de réunir plusieurs ateliers thématiques sur l’actualité des problèmes dans l’enseignement supérieur : stages, programmes d’étude, examens, règlements des écoles, finançabilité, etc. Les États Généraux veulent dégager un nouvel horizon de luttes à venir ! En particulier, l’USE proposera également une discussion concernant la remise en question de la représentation étudiante telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, à travers la modification nécessaire du décret « Participation » qui n’a fait qu’instituer la représentation étudiante sous le monopole des organisations représentatives communautaires (ORC). Ainsi, cette discussion aura pour objectif de modifier la loi sur la représentation et l’organisation du mouvement étudiant.

En effet, il nous semble nécessaire de faire le bilan de ce qu’est devenu le mouvement étudiant, plus de 50 ans après Mai 68 : un mouvement largement inoffensif.  Actuellement, le pouvoir n’a qu’à se limiter à bien vouloir « consulter » les organisations étudiantes dites représentatives, sans l’once d’un quelconque rapport de force face à lui au sein du mouvement étudiant belge. A l’opposé, l’action syndicale de l’USEs’est toujours inscrite dans des mobilisations issues de la base et des besoins sociaux des étudiant·e·s. La cogestion des conseils étudiants ne permet pas toujours une meilleure défense des intérêts étudiants face aux autorités des établissements académiques, sans jamais consulter ou concerter les étudiant·e·s avant de prendre des décisions, et les mobilisations étudiantes menées de haut en bas depuis près de 20 ans sont un échec.

L’initiative de réunir les États Généraux du Syndicalisme Étudiant en Belgique francophone souhaite donc remettre ces nombreux éléments en débat, tout en voulant unifier le mouvement étudiant. Ce n’est pas parce que l’USE est le seul syndicat étudiant que le syndicalisme étudiant ne rassemble pas diverses formes d’organisation, qui ne se retrouvent pas forcément sous la forme propre d’un syndicat, mais qui agissent sur le champ d’action du mouvement étudiant et de ses revendications.

Que l’on soit délégué·e étudiant·e ou syndicaliste, ou militant·e d’une organisation qui veut renforcer les luttes étudiantes, cet engagement s’intègre dans la culture du syndicalisme étudiant : associer des étudiant·e·s afin qu’iels puissent défendre ensemble leurs revendications pour améliorer leurs conditions d’étude, sur base d’un enseignement démocratique qui permette la réussite de tou·te·s.

Si toi aussi, ou ton organisation étudiante, êtes intéressé·e·s (collectif, association, cercle, conseil étudiant), contacte-nous au plus vite sur notre page Facebook ou à l’adresse suivante : info@use.be.

Programme provisoire :