Soutien au mouvement étudiant et social en France contre la « Loi Travail »

Union syndicale étudiante
29 March 2016 Communiqué, RESAB

Communiqué commun de l’Union syndicale étudiante (Belgique) et de SUD Étudiant·e·s et Précaires (Suisse).

Depuis plusieurs semaines, la France connait l’éveil d’un large mouvement étudiant et social contre un projet de loi visant à réformer le code du travail, remettant en cause les droits des salarié·e·s (35h, protection par le droit du travail, CDI…) et renforçant le pouvoir du patronat dans les entreprises (simplification des licenciements).

Le mouvement de contestation contre la « Loi Travail » a tout d’abord commencé sur les réseaux sociaux[1], et l’appel à la mobilisation a ensuite été suivi par les syndicats annonçant l’organisation d’une grève générale pour le 31 mars. Les premières mobilisations nationales des 9 et 17 mars ont été d’une grande réussite. Une nouvelle mobilisation a eu lieu le 24 mars, à l’occasion du Conseil des ministres.

Les lycéen·ne·s et étudiant·e·s ont pris une importance considérable dans les appels à se mobiliser, avec l’organisation d’assemblées générales dans plus de 60 établissements d’enseignement supérieur. En France, 50 % des étudiant·e·s sont salarié·e·s, et chaque étudiant·e est un·e travailleur·euse en formation. Ils/Elles sont donc les premier·ère·s concerné·e·s par cette loi qui leur prépare un avenir vers toujours plus de précarité !

À l’appel de l’assemblée générale de l’Université de Saint-Denis (Paris 8), une coordination nationale étudiante s’est réunie à Paris ce 19 mars 2016[1:1], rassemblant des mandaté·e·s des différentes assemblées générales en lutte. Outre la réaffirmation du retrait total et immédiat (sans négociation) du projet de loi, la coordination nationale appelle à une grève reconductible et illimitée pour faire reculer le gouvernement !

Nous tenons également à dénoncer toute la répression policière qui s’est déchainée dernièrement sur les étudiant·e·s mobilisé·e·s, que ce soit à Tolbiac (Paris 1), Lyon, Metz, Strasbourg… à travers le déploiement de CRS à l’intérieur même des campus, et avec l’autorisation des autorités universitaires. Il y a eu aussi plusieurs interpellations. Certaines universités ont également fermé, afin d’empêcher aux étudiant·e·s de se réunir et de s’organiser. Si le gouvernement français pense que c’est ainsi qu’il fera taire la contestation, cela ne fera au contraire que renforcer la détermination courageuse des étudiant·e·s en lutte !

Le printemps 2016 représente les 10 ans du Contrat première embauche (CPE), projet de loi qui avait fini par être retiré par le gouvernement de l’époque, grâce à une large mobilisation étudiante. Rien de mieux ne pouvait arriver que l’avènement d’un nouveau mouvement étudiant et social comme celui qui bat le pavé en France aujourd’hui.

Comme nous l’expliquions dans un récent communiqué sur les autres luttes étudiantes dans le monde, la solidarité internationale nous permet d’encourager nos luttes respectives. C’est pourquoi nous pensons qu’une victoire du mouvement actuel en France le sera pour l’ensemble des résistances étudiantes en Europe et ailleurs.


  1. Voir l’Appel de la coordination nationale étudiante du 19 mars 2016, voté à Saint-Denis et publié le lundi 21 mars 2016 sur le site de la Fédération SUD Education. ↩︎ ↩︎