L’Union syndicale étudiante (USE), membre des Jeunes FGTB, prend acte de la décision de l’UNECOF de s’auto-dissoudre et également de la démission de M. Michiels, président de la FEF. A cette occasion, elle rappelle ses désaccords profonds sur la manière dont se structure la représentation étudiante en Belgique et elle espère que ce contexte permettra de nouvelles réflexions sur l’organisation de celle-ci.

En effet, l’USE revendique une modification radicale du décret participation afin de permettre à chaque étudiant·e de s’affilier individuellement à un syndicat étudiant. Dans une carte blanche publiée dans la Libre en mai dernier, l’USE plaidait déjà pour une modification qui permettrait un syndicalisme fort, engagé et sur le terrain.

Le syndicalisme étudiant en Belgique francophone est marqué par le super-monopole d’une organisation représentative: la Fédération des Étudiant·e·s Francophones. Pourtant, cette hégémonie n’est pas légitimée par la capacité de mobilisation de la FEF. Depuis les grandes manifestations du début des années 2000, plus aucun rassemblement n’a dépassé les 3 000 jeunes. Ce monopole de la FEF est plutôt dû à la législation sur la représentation étudiante, issue des mouvements étudiants des années 1990, négociés par la FEF et qui lui est très favorable. Contrairement à d’autres pays, la Belgique se structure autour d’Organes de Représentation Communautaire (ORC) et non de syndicats étudiants à affiliation individuelle.  Ainsi, ni la FEF ni son programme n'est élu directement. A l’échelle locale, des candidat·e·s se présentent en leur nom (et se regroupent parfois en listes), et s'ils/si elles sont élu·e·s, composent ainsi les conseils étudiants.

Une fois le conseil étudiant, celui-ci décide unitairement de s'affilier à une ORC. L’affiliation aux ORC n’est donc pas individuelle, mais s’impose de fait à l’ensemble des étudiant·e·s d’un établissement, à l’opposé de l’idée de syndicalisme que l’USE défend. La structure d’une FEF monopolistique peut donc perdurer, sans jamais devoir être fortement inquiétée des élections locales à court terme.

Ces structures locales fonctionnent par un scrutin ultra majoritaire : toutes les listes sont intégrées à une délégation unitaire et seule une décision collégiale peut faire usage du budget, de son local, ou de ses permanent·e·s. Une liste d'opposition sera donc, si elle est élue, incapable de tenir un discours séparé d'une majorité. Cette liste aura à choisir unilatéralement entre la FEF ou l'Unécof, lors de réunions dites “contradictoires” où les deux ORC se présentent.

Depuis sa création en 20101, l’USE revendique donc :

- La reconnaissance officielle du droit de s’organiser en « syndicat étudiant », sur base d’affiliations individuelles, et avec l’attribution d’un statut propre.

- La transformation des conseils des établissements en instances paritaires (similaires aux entreprises) afin que les étudiant·e·s défendent leurs intérêts face à la direction de l’établissement plutôt que de participer à sa gestion.

- La possibilité de délégations multiples (et financées au pro rata) au sein du conseil étudiant d’un établissement académique, si elles représentent au moins 1/4 du nombre d'étudiant·e·s en fonction des résultats électoraux.

- La suppression du principe de quorum de participation.

- Le principe d'élection par scrutin de liste proportionnelle et non de liste majoritaire.

- La fin de la « majorité substantielle » du corps professoral, avec l’instauration d’une représentativité des étudiant·e·s à 50% des voix au sein des instances décisionnelles des établissements académiques.

- La création d'un organe paritaire avec les organisations étudiantes (toutes confondues), où sont présentés les comptes du Ministère de l'Enseignement supérieur ainsi que sa politique générale, avec au moins 8 mandataires étudiant·e·s.


1. Au départ sous le nom d’« étudiants FGTB ».