Occupation historique des rectorats contre la hausse du minerval

Union syndicale étudiante
28 April 2017 Luttes étudiantes, ULB, Étudiant·e·s étranger·e·s, UCL

En ce moment même, les rectorats des deux plus grandes universités francophones (ULB & UCL) sont occupés depuis le 20 avril par des étudiant-e-s qui protestent contre la hausse du minerval des étudiant-e-s hors UE.
L’USE participe et soutient activement cette mobilisation historique à travers le mouvement unitaire « Non à la hausse du minerval des étudian-t-e-s hors UE ».

Une élitisation et une marchandisation inacceptables de notre enseignement

Cela fait longtemps que l’USE s’inquiète des mesures discriminantes et racistes qui sont prises à l’encontre des étudiant-e-s étrangers-ères. En 2011 déjà, l’USE (alors étudiants FGTB) occupait le rectorat pour protester contre une première hausse du minerval des étudiant-e-s étrangers-ères (photo ci-dessus).
Il semble qu’il soit habituel pour les recteurs de faire payer le sous-financement de l’enseignement en Belgique à cette catégorie d’étudiant-e-s.

En plus d’être complètement inutiles, les hausses de minerval vont à l’encontre de la volonté d’un enseignement public, gratuit, critique et populaire. Ces mesures discriminantes ne font que renforcer l’élitisme de l’enseignement supérieur. Ainsi, les universités qui se veulent diverses et ouvertes ne le sont que pour les étudiant-e-s hors UE les plus riches.

Nous demandons un refinancement public de l’enseignement, à condition que celui-ci ne serve donc pas à financer les nouveaux canapés du rectorat mais bien à des aides pour que tou-te-s les étudiant-e-s, belges ou pas, puissent étudier dans de bonnes conditions.

Parce qu’il faut garder une trace de nos luttes, retour sur un an et demi de mobilisations et d’actions

En janvier 2016, nous recevons de nombreux mails d’étudiant-e-s concerné-e-s par un même problème. L’université, suite à une erreur administrative, leur demande de payer des frais d’inscriptions supplémentaires en janvier, en pleine période de blocus et d’examen. Comprenant qu’il s’agit d’un problème collectif et non de cas isolés, nous organisons une rencontre avec les étudiant-e-s concerné-e-s. Nous décidons ensuite de faire un blocage symbolique devant le bureau de la responsable du service des inscriptions.

Fidèles à notre pratique autogestionnaire et soucieux-ses de ne pas nous imposer comme une avant-garde éclairée, nous lançons des Assemblées Générales sur le sujet. Dès lors, un mouvement plus large que l’USE se lance. De nombreux cercles politiques, comunautaires et culturels nous rejoignent sur cette lutte. Ce mouvement est également rejoint par des étudiant-e-s ne faisant pas partie d’associations et par des étudiant-e-s directement concerné-e-s par la question.
Des tractages et des collages d’affiches sont organisés. L’AG décide de bloquer tout le Service Inscriptions de l’ULB, dès 6h du matin. Ce sera une réussite, tout le service sera bloqué en quelques minutes. Malheureusement, nous sommes le 22 mars 2016 et les bombes explosent à Zaventem. Nous serons contraint-e-s d’évacuer le bâtiment.

Néanmoins, ces premières mobilisations portent leurs fruits et nous obtenons ainsi un délai supplémentaire pour payer que la révision des dossiers de certain-e-s.

En août 2016, la nouvelle tombe. Un décret autorise à augmenter le minerval des étudiant-e-s étrangers-ères jusqu’à 15x le montant du minerval des étudiant-e-s belges, soit 12.000 euros.
Dès la rentrée, le mouvement se relance via des Assemblées Générales pour réagir à cette nouvelle mesure discriminante. Le discours de passation du recteur à l’ULB (de Didier Vivier à Yvon Englert) est perturbé. Une carte blanche rassemblant plus de 150 professeur-e-s, chercheurs-euses, assitant-e-s, acteurs/actrices de la société civile et syndicalistes paraît dans la Libre en octobre 2016.
Dans le même temps, des appels, des tractages, des collages, des affichages sont réalisés sur plusieurs campus au sein de la Fédération Wallonie – Bruxelles. Nous mobilisons en vue d’organiser un grand rassemblement devant l’ARES – Académie de Recherche de l’Enseignement Supérieur – qui réunit tous les recteurs de la Fédération Wallonie - Bruxelles. C’est un succès puisque 200 personnes provenant des différents campus de Belgique francophone se rassemblent pour crier haut et fort « national, international, le même minerval ! ». Pourtant, malgré la mobilisation multi-campus, les recteurs restent sourds à nos revendications.

C’est pourquoi, aujourd’hui, après près d’un an et demi de mobilisation, d’information, de banderoles suspendues, de tractages, d’appels d’auditoire, de cartes blanches, de soirées, de communiqués, le mouvement « Non à la hausse du minerval des étudian-t-e-s hors UE » a décidé de monter d’un cran et d’organiser une double occupation de rectorats.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, à l’ULB comme à l’UCL, nous ne sommes pas prêt-e-s à céder et nous ne partirons qu’en ayant obtenu gain de cause. Les recteurs veulent nous avoir à l’usure. Nous ne céderons pas.

L’USE se réjouit de voir un mouvement combatif et horizontal, au sein duquel les décisions se prennent en Assemblée Générale ! La lutte continue !

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