Il y a un an, nous avons lancé un appel étudiant international à rejoindre la grève des femmes qui se fait dans plusieurs pays à travers le monde. Cet appel a été lancé par le secteur étudiant du Réseau Européen des Syndicats Alternatifs et de Base (RESAB), dont font partie l’Union syndicale étudiante (Belgique), SUD Étudiant-e-s et Précaires (Suisse) et Solidaires Étudiant-e-s (France) ainsi que par les Comités Unitaires sur le Travail Étudiant (CUTE, Québec).

Les étudiantes n’étant pas reconnues comme travailleuses et n’ayant donc pas les droits associés à ce statut, dont notamment le droit de grève, comment et pourquoi feraient-elles grève ce jour-là ? Les étudiantes du groupe de mobilisation de l’ULB, dont nous faisons partie à titre individuel, ont élaboré une liste de revendications.

Si cette seconde grève du 8 mars ne nous permet pas d'obtenir d'emblée toutes nos revendications, elle sera de toute façon l'occasion de montrer que si toutes les étudiantes abandonnent leurs auditoires, leurs séminaires, leurs travaux de groupe, leur lieu de stage, leur job étudiant, il y aura un impact concret.

Dans cet appel, il est précisé qu’« en se réappropriant les outils de la grève, nous invitons les étudiant·e·s à se joindre à la grève des femmes (…). En politisant l’activité étudiante, en l’identifiant comme un travail, nous invitons donc les étudiant·e·s et autres groupes sociaux à réfléchir et discuter de l’exploitation du travail des femmes et d’aborder de front l’étendue du travail reproductif gratuit et ses implications dans l’accumulation capitaliste au sein de la division internationale du travail. »

En effet, nous revendiquons depuis quelques temps l’instauration d’un salaire étudiant et la rémunération de tous les stages : « La rémunération du travail gratuit, que ce soit dans les milieux de formation, au travail ou à la maison, est un pas de plus vers une émancipation et une autonomie économique. La valorisation et la reconnaissance de ce travail productif et reproductif permet de rééquilibrer les rapports de pouvoir. Un salaire étudiant peut permettre aux étudiant·e·s d’envisager leur formation sans l’accumulation de petits jobs, souvent précaires et d’accéder à des conditions de formation plus décentes. »

L’intégralité de l’appel est à retrouver ici.

Indemnisation pour toutes les grévistes syndiquées

En Belgique, un·e étudiant·e sur deux a un job étudiant et les étudiantes représentent plus de la moitié de la population étudiante. Dès lors, en appelant à la grève, il faut tenir compte du grand nombre d’étudiantes qui pourraient se retrouver dans l’obligation de se rendre à leur job, au risque de perdre une journée de salaire…

A l’USE, nous pensons que la solidarité s’exprime par les actes. Ainsi, en plus d’appeler à la grève et de mobiliser nos réseaux pour y participer, nous souhaitons soutenir les étudiantes qui seraient dans l’impossibilité matérielle de faire grève les 8 et 9 mars. C’est pourquoi, grâce à notre caisse mutuelle étudiante, nous allons indemniser toutes les étudiantes jobistes qui veulent se mettre en grève.

Contrairement à l’année dernière, nous pouvons couvrir légalement toutes les étudiantes jobistes qui se mettraient en grève quelque soit son secteur. En effet, cette année, la FGTB appelle à faire grève et a déposé des préavis de grève pour tous les secteurs. Il est cependant conseillé d’envoyer un mail à votre employeur·e pour le/la prévenir de votre absence.

Si vous vous syndiquez et que vous cotisez à la caisse, vous aurez droit non seulement à une indemnisation les 8 et 9 mars, mais vous serez également protégé·e·s par le syndicat si vous avez un quelconque problème lié à vos études ou à votre condition étudiante. Vous trouverez plus d’informations concernant notre caisse mutuelle ici.

Pour bénéficier de toutes ces protections, il suffit de vous syndiquer en remplissant ce formulaire : https://use.be/contact/ et en nous envoyant un mail à info@use.be qui précise le nombre d’heures que vous perdez en n’allant pas à votre job étudiant les 8 et/ou 9 mars. Vous serez indemnisées à hauteur de 30% de votre journée de travail selon le salaire étudiant moyen (10,57 €/h). Ceci s’applique bien évidemment aussi aux étudiantes déjà syndiquées.

Vous pouvez également nous contacter si vous avez un cours ou une journée de stage obligatoires le 9 mars et que vous risquez des sanctions en faisant grève. Les étudiantes en grève le 8 mars ont préparé un mail-type à envoyer à vos professeur·e·s et assistant·e·s pour les prévenir de la grève et leur demander d’annuler les activités obligatoires. Nous ferons de notre mieux pour vous aider à éviter les sanctions et le cas échéant, à vous défendre.

N’hésitez pas non plus à nous contacter pour toute question relative à l’indemnisation lors de la grève des 8 et 9 mars.

> Suivez toutes les informations sur la page des étudiantes de l’ULB en grève le 8 mars et sur le site du collecti.e.f 8 maars.

> Participez aux actions le 8 mars et à la grève à l’ULB le 9 mars.

Parce que la solidarité, c’est notre force !

L’Union syndicale étudiante